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Environnement
Démographie et nutrition
par axeland, le 17 Novembre 2009 à 23:37Suite à mon problème de connexion internet je me suis retrouvé confronté à un autre problème: choisir le sujet de mon prochain article. Le week-end a été dense entre le clash Royal-Peillon, l'entrée fracassante de Patrick Sébastien en politique (sic), le congrès des maires, et j'en passe. J'ai finalement décidé d'écrire sur la sécurité alimentaire et le Sommet mondial qui a lieu depuis le 16, et jusqu'au 18, à Rome.
Au moment où plus d'un milliard de personnes souffrent de sous-nutrition dans le monde l'alimentation est en phase de devenir le premier problème de l'humanité. Jusque là les pays riches avaient considéré que ce problème concernait uniquement les pays pauvres, mais 2009 semble être l'heure de la prise de conscience. La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) a donc décidé de réunir les grands dirigeants de ce monde pour leur arracher 44 milliards de dollars par an. Cette somme serait alors consacrée, si elle est versée, à l'aide aux pays en développement pour devenir autosuffisants au niveau alimentaire (actuellement seuls 7 milliards sont versés par an). Hélas, si un accord a été trouvé dès le début de ce sommet ,il ne fait pas mention d'une telle somme... Les précédents sommets sur le sujet avaient déjà tous aboutis à une impasse.
A noter que même si les pays riches donnent le change ils n'en attendent pas pour autant une avancée spectaculaire. Le seul chef d'Etat présent en personne est Silvio Berlusconi, le sommet ayant lieu à Rome (même si financé par l'Arabie Saoudite). Pour ce qui est de la France c'est Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, qui a fait le déplacement.
Avant 2008 et les émeutes de la faim causées par la spéculation sur les matières premières 900 millions souffraient de sous-nutrition, ce chiffre a donc augmenté de 100 millions en 1 an et demi. Hormis ce constat inquiétant c'est la croissance démographique qui donne des sueurs froides aux pays pauvres, près de 9 milliards de bouches seront en effet à nourrir en 2050. Face à cela la FAO estime que notre production agricole se doit d'augmenter de 70%... Et cela sans compter les besoins supplémentaires dus aux agrocarburants.
La FAO envisage donc deux possibilités: améliorer les rendements des productions ou accroître les surfaces cultivées.
Seulement voilà, le réchauffement climatique ne touche pas que les esquimaux et de nombreux pays du Sud en sont déjà victimes en terme de sécheresse. L'Inde a par exemple vue ses récoltes diminuées de 20% à cause de cette sécheresse qui touche également de façon récurrente l'Afrique et l'Amérique latine. L'aspect ironique de ce problème étant bien entendu que l'agriculture est elle-même responsable de 33% des émissions de gaz à effet de serre. Mais il y a une autre ironie dans cette crise de l'alimentation. En effet, si une telle augmentation de notre production agricole est nécessaire, c'est à cause du développement des pays pauvres. En accédant à un certain niveau de vie des pays comme la Chine ont changé de régime alimentaire en consommant plus de viande, ce qui demande aussi une production agricole pour nourrir les bêtes.
Face à ce problème de taille les dirigeants politiques ont revus leurs espérances à la baisse, en 1996 ils voulaient réduire de moitié le nombre d'affamés pour 2015, aujourd'hui ils jugent cela irréaliste. En tous les cas cela révèle un aspect concret du problème que représente la hausse démographique constante de l'espèce humaine. Je finirai par une citation de Claude Lévi-Strauss puisque je ne lui ai pas encore rendu hommage ici:
"La population mondiale comptait à ma naissance 1,5 milliard d'habitants. Quand j'entrai dans la vie active, vers 1930, ce nombre s'élevait à 2 milliards. Il est de 6 milliards aujourd'hui, et il atteindra 9 milliards dans quelques décennies, à croire les prévisions des démographes. Ils nous disent certes que ce dernier chiffre représentera un pic et que la population déclinera ensuite, si rapidement, ajoutent certains, qu'à l'échelle de quelques siècles une menace pèsera sur la survie de notre espèce. De toute façon, elle aura exercé ses ravages sur la diversité non pas seulement culturelle mais aussi biologique en faisant disparaître quantité d'espèces animales et végétales".
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Le Syndrome du Titanic
par axeland, le 10 Octobre 2009 à 15:31La bande-annonce avait beau prévenir sur les thèmes du "Syndrome du Titanic", ce changement de message de la part de Nicolas Hulot en a surpris plus d'un. Une partie des écologistes français le jugeaient trop calme, son film "Le Syndrome du Titanic" marque aujourd'hui la radicalisation de son discours sur la question de l'urgence écologique.
Sa caméra ne se tourne presque plus vers les paysages en dangers, préférant filmer la pauvreté et la misère pour les comparer au consumérisme des riches. Les images chocs et les phrases lourdes et banales ont remplacées les démonstrations scientifiques et réfléchies. Le discours, oscillant entre mise en garde et dénonciation, affiche clairement ses prétentions de critique sociale. On découvre finalement dans ce film un Nicolas Hulot plus anti-capitaliste qu'écologiste (j'y reviendrai), dressant un constat plus social qu'environnemental. La bande-annonce du film montre d'ailleurs clairement ce changement, on y entend Hulot se plaindre tour à tour du progrès, de la standardisation des modes de vie, du monde virtuel, des inégalités. Et une fois son plaidoyer alter-mondialiste terminé, il se place lui-même en tant qu'enfant de "cette société" qui doit s'efforcer d'avancer malgré tout.
Alors l'animateur de TF1 s'est il réellement radicalisé ? En tout cas il le nie fermement: "Ce n'est pas moi qui me suis radicalisé, c'est la situation" ajoutant "je me suis d'abord beaucoup penché sur la dimension écologique, je n'ignorais pas la dimension humaine, mais j'ai pris conscience, il y a deux ou trois ans, avec les crises qui se sont succédé, que tout était imbriqué". Au fond, il nous explique que son film est une réaction à chaud suite à des événements trop récents pour qu'on puisse prendre le moindre recul...
Mais du côté de ses amis, le son de cloche est tout autre. M. Besset, ancien journaliste du Monde et aujourd'hui député européen d'Europe-Ecologie, rappelle que "la radicalité que d'aucuns feignent de découvrir est déjà toute entière présente dans les cent premières pages du pacte [écologique de 2007]". Et du côté de la fondation de Nicolas Hulot un nouveau projet baptisé "Evolution : chapitre 2" est en route. Celui-ci ayant pour but "d'oser un autre monde".
Pour ses opposants écologistes, le penchant radical de Nicolas Hulot ne fait même plus débat. Daniel Cohn-Bendit estime que "dire qu'il y a urgence, cela ne veut pas dire qu'il faut imposer. Le danger d'un certain argumentaire de la radicalité écologique, comme de la radicalité sociale, c'est de mettre entre parenthèses la démocratie. C'est le même problème que pose Olivier Besancenot".
Cette déclaration de Cohn-Bendit m'a de suite inspiré deux réactions.
Premièrement au sujet de cette façon "d'imposer" son discours qui peut pourtant être contredit sur certains points, notamment au niveau des moyens à mettre en œuvre. Dans ce film ce qui marque le plus, plus que les messages chocs et les images violentes, c'est cette façon de présenter ses idées comme la vérité absolue. Je ne considère pas le réchauffement climatique comme un mensonge, loin de là, mais cette "évidence" du réchauffement justifie-t-elle de considérer également comme une évidence toutes les propositions de M.Hulot ?
Deuxièmement, chose intéressante, le rapprochement fait par DCB entre Hulot et Besancenot. Comme je l'ai écrit plus haut, le "Syndrome du Titanic" nous montre un Nicolas Hulot clairement anti-capitaliste, et ce n'est pas un hasard si j'ai employé ce terme. Il se trouve que le présentateur d'Ushaïa a rencontré à plusieurs reprises (selon Nicolas Domenach) Olivier Besancenot pour échanger leurs points de vue. Alors est-ce Besancenot qui veut se mettre au vert ou Hulot qui veut se mettre au rouge ? Personnellement je penche pour les 2 hypothèses.
Nicolas Hulot serait donc anti-capitaliste ? Voila qui explique beaucoup de choses... Il s'est toujours fait une spécialité de faire ce qu'il ne veut pas que l'on fasse sur le plan environnemental (avion de chasse, hélicos, Paris-Dakar), donc son attitude aurait dû nous montrer sa tendance anti-capitaliste !
Ses sponsors: EDF, Vinci, Norauto, Rhône-Poulenc, l'Oréal, SNCF, France Telecom. Ainsi, comme Jean-Pierre Coffe qui fait de la pub pour le hard-discount ou encore Besancenot dont la femme est une éditrice richissime, Nicolas Hulot aime la contradiction. Chose qui n'est que confirmée quand on observe son empire personnel (il ne dirige rien mais touche des droits sur chaque vente et peut refuser la mise sur le marché): gels douches, déodorants, sacs à dos, lunettes de soleil, serviettes de bain, pull-overs, montres, émission de télé à succès, chaîne diffusée par satellite, magazine, jeu de société, best-sellers et j'en passe. Evidemment avec de tels sponsors et de telles activités financières comment pourrait il ne pas être opposé au capitalisme ?
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Grenelle de la mer
par axeland, le 14 Avril 2009 à 22:38Lors du Grenelle de l'environnement on était passé à côté des enjeux que représentent les milieux marins. Les océans assurent pourtant un quart du stockage des gaz à effet de serre et sont donc d'une importance capitale pour lutter contre le réchauffement climatique.
Le Grenelle de la mer vient donc de s'ouvrir. Près de 200 experts dont des représentants de l'Etat, des élus, des syndicats, des fédérations professionnelles et des écologistes vont travailler sur la politique que devra adopter la France face à cet important sujet.
Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a demandé aux participants d'être "ambitieux et innovants". Tout comme pour le Grenelle de l'environnement il y aura consultation en ligne des Français et organisation de réunions publiques en région. Le débat devrait se terminer au début de cet été par une dernière réunion, de manière à trancher sur les points les plus complexes.
Le principal obstacle au bon déroulement de ce grenelle de la mer sera bien sûr la corporation des pêcheurs qui s'opposera aux ONG en voulant défendre ses intérêts. Et hors mis le problème des pêcheurs un autre problème de taille va venir gêner l'avancée du grenelle: l'Union Européenne. Car c'est au niveau européen que sont prisent les décisions relevant de la pêche on pourra donc douter de l'efficacité de ce grenelle.
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