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Miroir Politique (page 4)
L'interdiction des statistiques ethniques

Il y a une semaine, Jean-Marie Le Pen affirmait au micro de RTL que "quatre-vingt-dix pour cent des faits-divers ont à leur origine soit un immigré soit une personne d'origine immigrée". Ce chiffre avancé par le leader du Front National ne se basait bien entendu sur rien, puisqu'il n'existe aucune statistique ethnique permettant de déterminer l'origine des délinquants.
Quand j'ai lu l'article du Monde sur les affirmations de M. Le Pen, cela m'a fait pensé à un débat auquel j'avais participé sur le forum actu-politique et qui avait pour thème l'interdiction des statistiques ethniques. Ce débat avait tourné au fil des pages à une discussion pour savoir si oui ou non la délinquance provenait principalement de l'immigration, comme quoi des statistiques n'aurait pas était de trop. Le fait d'établir ces statistiques pourrait en effet faire avancer le débat de manière plus fertile qu'en se basant sur les impressions de chacun, ne pouvant pas reflétées l'ensemble du territoire français. Car effectivement, si l'interdiction d'établir des statistiques ethniques avait un but anti-discriminatoire, c'est raté. L'absence de bases solides à tout raisonnement sur ce sujet nourri depuis longtemps les fantasmes racistes d'une partie de la population et empêche quiconque le voudrait de les contredire. De plus, si de telles statistiques existaient et prenaient en compte les milieux sociaux concernés, elles pourraient aider à cibler la prévention vers ceux qui en ont le plus besoin.
Hélas c'est ainsi, dès qu'un sujet touche au racisme c'est la politique de l'autruche qui l'emporte. Mais pourtant où est le racisme ? Si on fait ces statistiques et qu'on en constate les chiffres, où est la discrimination si telle ou telle communauté possède un plus haut taux de criminalité ? Les faits sont ce qu'ils sont, ils ne peuvent pas être racistes. Je ne vois donc pas où cela poserait problème. Surtout si on analyse ces chiffres en prenant compte des difficultés d'intégration qui peuvent jouer un rôle sur le taux de délinquance. Auquel cas on pourrait justement tenté d'améliorer les moyens d'intégration des populations les plus touchées.
Mais plutôt que de se donner les moyens d'une prévention efficace et de couper l'herbe sous le pied de M. Le Pen (car il y a fort à parier que ses chiffres sont exagérés), on préfère se cacher de la réalité pour ne pas paraître raciste. Car au fond si ces statistiques n'ont jamais été autorisées, c'est bien car la classe politique a peur d'être perçue comme raciste. Il est si dangereux en France de vouloir faire un constat pour faire avancer les choses qu'on préfère laisser le champ libre à ceux qui, eux, sont véritablement racistes.
(photo Flickr de MieL / RMLFVR)
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Happy end à Châtellerault ?
(image de Geoffrey Dorne du site Jaffiche.fr )
L' "épopée" New Fabris que vous avez pu suivre depuis son commencement en parcourant mon blog vient donc de s'achever, nous donnant des réponses aux questions posées précédemment.
Les salariés de New Fabris viennent d'accepter le projet d'accord proposé par Christian Estrosi (ministre de l'Industrie). Le vote a d'ailleurs été sans appel: 204 voix pour et 24 contre.
Alors c'est quoi cet accord considéré comme insuffisant par la CGT mais sur lequel les salariés n'ont pas craché ?
Cette offre du ministère de l'industrie est une aide de 12 000 euros net pour chacune des 366 personnes licenciées, en plus des indemnités légales de 19 000 euros. C'est à dire un total de 31 000 euros.
En plus de ces indemnités s'ajoutent des contrats de transition professionnelle permettant à chaque salarié de conserver 95 % de son salaire pendant un an, une allocation spéciale pour 23 salariés de plus de 56 ans, et un fonds de revitalisation du bassin de Châtellerault doté de 1,5 million d'euros.
Évidemment le délégué CGT de New Fabris s'est empressé de dire que ça ne valait même pas un an de salaire, mais à observer l'offre, on voit clairement que c'est presque trois ans de salaires qu'ils récupèrent (contrats de transitions à 95% du salaire + 31 000 euros alors que leur salaire annuel avoisine les 18 000 euros en moyenne). Tout cela sans compter les allocations chômage qu'ils toucheront pendant 2 ans si ils ne retrouvent pas de travail.
Joli jackpot au final non ? Finalement les parachutes dorés se font aussi à échelle salariale. En tout cas pour ceux qui approchaient de la retraite c'est plutôt un beau cadeau. Pour les autres par contre, ça risque d'être plus dur une fois les indemnités dépensées, car sincèrement quel patron embauchera un ancien salarié de New Fabris ? La prime obtenue est énorme, certes, mais les moyens utilisés pour parvenir à cet accord sont un véritable poids sur le CV de ces salariés licenciés... Comme d'habitude les syndicats n'ont fait qu'assurer le show médiatique en se fichant de l'avenir des salariés.
Hors mis les problèmes que vont devoir surmontés ces salariés, se pose le problème des leçons à tirer de cette affaire. Ce qui en ressort, dans les fait, c'est un belle récompense financière pour ceux qui n'hésitent pas à employer la manière forte et cela donnera sans doute des idées à de futurs licenciés... La technique de chantage à la bonbonne de gaz avait d'ailleurs déjà été réutilisée chez Nortel.
Alors court-on à une radicalisation du combat social ? Vu l'efficacité de la méthode, je doute franchement que le phénomène s'arrête là... En tout cas ce genre d'image de la société française ne risque pas d'encourager les sociétés étrangères à produire en France, mais plutôt celles déjà installées à plier bagage.
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Les dérapages seront punis ?
Dans mes notes précédentes, il était question des dérapages des luttes sociales suite aux licenciements. Ces dérapages se multiplient (séquestrations, saccages, menaces d’explosion) et jusque là ils sont restés impunis. Il semblerait que cette période d’acceptation des dérives s’achève puisque des peines de 3 à 6 mois de prison avec sursis ont été requises, devant le tribunal de grande instance de Compiègne, contre sept ouvriers de Continental poursuivis pour le saccage de la sous-préfecture de la ville en avril. Cependant, la peine requise est clémente si on regarde ce qu’ils risquaient (75 000 euros d’amende et 5 ans de prison ferme) mais cela montre quand même une volonté de punir ces dérives plutôt que de continuer à les favoriser. En effet, les salariés licenciés avaient obtenu 50 000 euros d’indemnités chacun ce qui ressemblait plus à un butin qu’à une sanction… Alors cela va-t-il freiner ce phénomène de radicalisation du combat social ?
Pour moi cela ne fait aucun doute que non.
Agir de manière radicale permet d’intéresser les médias et dans une telle lutte ce n’est pas rien. D’ailleurs jusqu’à présent cela a plutôt réussi aux salariés concernés, y compris aux "Contis".
Car une peine avec sursis n’a pas vraiment d’importance, autre que symbolique, pour des personnes qui ne sont pas des délinquants, et qui donc, ont peu de chance de subir une nouvelle condamnation. Cette clémence avait été demandée par le délégué CGT Xavier Mathieu qui déclarait vendredi que ces destructions avaient été un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité". À vous de vous faire votre opinion vidéo à l’appui. Évidemment cela aurait été exagéré de demander de la prison ferme et les conséquences auraient été terribles pour le gouvernement. Mais les dérapages gagnant en gravité, on peut se demander s’il y aura un jour un cas d’emprisonnement suite à des licenciements. Par exemple, dans le cas des salariés de New Fabris, qui affirment qu’ils feront sauter leur usine le 31 juillet s’ils ne reçoivent pas 30 000 euros chacun. S’ils venaient à concrétiser leurs menaces, la justice oserait-elle faire son travail ?
Réponse le 31 juillet, si tout se passe mal.
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La tension descendra ?
Dans mon article précédent, je vous avais parlé des salariés de New Fabris qui veulent faire sauter leur usine s’ils n’obtiennent pas 30 000 euros chacun. Comme on pouvait le prévoir le phénomène s’est développé et chez Nortel ils ont fait mieux, puisque c’est 100 000 euros par employés qu’ils ont demandés ce matin. Oui, rien que ça, 100 000 euros chacun. Heureusement, contrairement aux salariés de New Fabris, ceux de Nortel ont eu plus de bon sens puisqu’ils ont fini par retirer les bonbonnes de gaz en début d’après-midi.
Dans une interview au Monde disponible ici Christian Berenbach, représentant CFTC au sein du comité d'entreprise, justifie cette action :
"C'était un symbole de détresse. Nous nous battons depuis huit jours mais les administrateurs français et anglais d'Ernst & Young continuaient de nous promener. Nous n'avions pas l'intention de tout faire exploser. Mais les médias se sont focalisés là-dessus. Il venait d'y avoir l'affaire de Châtellerault (voir mon article précédent)"
(la suite de l’interview ici)
Son explication donne deux raisons de s’inquiéter. D’une part, on voit bien que leur geste à été inspiré par celui des salariés de New Fabris, il y a donc bien propagation (et très rapide) de cette méthode inacceptable de rançonnement. Et d’autre part, on ne peut que se retrouver sur le cul quand on lit que les négociations n’avaient commencées que depuis 8 jours ! À peine une semaine et voilà qu’il faut placer des bonbonnes de gaz pour faire sauter l’usine ?
La seule bonne chose qui pourrait ressortir de cette seconde affaire serait que les salariés de New Fabris se rendent compte, comme ceux de Nortel, que cette manière de voir les négociations ne peut pas apporter de solutions correctes. Hors mis peut-être pour les responsables syndicaux des ces usines…
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La tension monte

"Les bouteilles de gaz sont dans l'usine. Tout est prévu pour que ça saute".
La déclaration pourrait être celle d’un criminel ou d’un terroriste mais non c’est celle d’un employé de New Fabris.
Cette entreprise spécialisée dans la fonderie en aluminium pour l'automobile est placée en liquidation judiciaire et ces employés le prennent plutôt mal. Leur demande est simple : 30 000 euros d’indemnité par employé. Évidemment ce n’est pas énorme, de quoi faire vivre une famille pendant une ou deux années. Sauf que New Fabris étant en liquidation, c’est à leurs principaux clients, PSA et Renault, que les 366 employés demandent cette somme. Et pour obtenir cette indemnité les salariés se basent sur les sommes versées, selon eux, par Renault et PSA, aux licenciés du groupe Rencast.
Comme moyen de pression Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du CE, a déclaré qu’ils ne laisseraient pas PSA et Renault récupérer leurs pièces et machines tant qu’ils n’auraient pas mis la main au portefeuille. La valeur des pièces stockées dans l'usine est estimée par les constructeurs automobiles à 2 millions d'euros, sans oublier une machine neuve de Renault valant également 2 millions.
Mais chez New Fabris le blocage ne suffit pas, les salariés ont décidé d'employer des méthodes beaucoup plus radicales. Aujourd’hui ils veulent tout simplement faire sauter l’usine s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent.
Aujourd’hui le droit de manifester qui est essentiel à une démocratie est devenue petit à petit une porte ouverte à des abus. Les premiers abus, sans gravité dans l’absolu, étaient les blocages d’universités empêchant les autres d’étudier sans penser qu’eux aussi sont libre de penser ce qu’ils veulent. Après être passé de la manifestation au blocage, on est passé à la séquestration. Puis on a ensuite eu le droit au saccage de préfecture. Et aujourd’hui on frôle le terrorisme avec menaces de faire exploser un bâtiment si on n’obtient pas ce que l’on veut…
Du chantage pur et simple.
Ces salariés qui pouvaient attirer la compréhension de tout le monde dans leur mise sur le carreau ne m’inspirent aujourd’hui que beaucoup de mépris. Et j’espère sincèrement qu’ils n’obtiendront pas leurs 30 000 euros (oui je sais c’est méchant) car s’ils les obtenait quelle exemple cela donnerait aux futurs licenciés de n’importe quelle entreprise pour en arriver à leurs fins ? La crise sociale actuelle mérite-t-elle d’amener à de tels actes ? Et ces actes sont-ils nécessaires pour être licencié dans de "bonnes" conditions ?
J’ai découvert l’info sur lemonde.fr et la plupart des commentaires étaient des messages de soutien aux employés… Il faut donc croire que cette montée de violence et accompagnée d’une montée de l’acceptation de cette violence. Comme si en arriver à un tel point était excusable par la douleur d’être licencié. Autant le saccage d’une préfecture, on peut appeler ça un geste de colère irréfléchi, autant préparer l’explosion d’une usine à coup de bouteilles de gaz, c’est juste de la folie. Sans parler de la question que cela pose sur les autres moyens existants pour les salariés de faire valoir leurs revendications.
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