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Miroir Politique (page 5)
Hadopi 2.0 et le Wifi
Le projet de loi Hadopi est un sujet qui mobilise beaucoup la blogosphère, et pour cause. Après le refus de cette loi par une Assemblée nationale presque vide, puis un rejet par le Conseil constitutionnel, la loi Hadopi continue son petit bonhomme de chemin dans nos institutions. Et sur sa route, Hadopi croise toujours le même genre de personnes, des hommes et femmes politiques ne connaissant rien au net et tentant sans réussite de faire quelque chose de cohérent. Alors évidemment, quitte à traiter le sujet du téléchargement avec des personnes incompétentes, la loi Hadopi s’est retrouvée face au Sénat. La moyenne d’âge des sénateurs donnant déjà une idée assez précise de ce qu’ils peuvent connaître d’Internet et de ses dérives… Et effectivement les sénateurs ne s’en sont pas mieux sortis que les autres.
La commission des affaires culturelles du Sénat a modifiée le projet de loi Hadopi pour réintroduire l'idée de sanctionner le défaut de surveillance de l'accès à Internet. Cette modification prévoit que la suspension de l'abonnement puisse être prononcée en cas de "négligence caractérisée" de l'abonné.
Mais alors c’est quoi cette négligence caractérisée ?
Et bien cela veut tout simplement dire que les personnes n’ayant pas sécurisé leur connexion Internet (volontairement ou non) et ayant donc permis à des pirates de s’y connecter et d’effectuer des téléchargements illégaux, seraient sanctionnées d’une amende pouvant aller jusqu’à 1.500€ et d’une coupure de l’abonnement pour une durée d’un mois. De plus, l'abonné suspendu devra continuer à payer son abonnement internet !
Rappelons tout de même que le Conseil constitutionnel a déjà refusé l’idée d'imposer une telle présomption de culpabilité, à moins que la présomption puisse être renversée par l'accusé. Or il serait compliqué pour un internaute de démontrer qu'il avait effectivement pris toutes les précautions pour éviter une connexion externe sur sa box.
Au final, s’il était primordial d’aborder le sujet du wifi pour parler du téléchargement, cette modification ne fait que poser plus de problèmes :
Premièrement, les internautes aux connaissances limitées en informatique se verraient en danger face à la loi, de par le manque de vigilance dont ils peuvent faire preuve, alors qu’ils seraient bien les derniers à effectuer des téléchargements illégaux.
Deuxièmement, cette mesure mettrait dans l’illégalité tous les abonnés d'opérateurs tels que Neuf ou Free qui permettent à leurs clients de se connecter sur la box d'un autre abonné via leurs propres identifiants. Le problème est le même pour des communautés comme celles des utilisateurs de systèmes FON.
Et enfin, un autre gros souci, c’est le Wifi gratuit dans les lieux publics tels que les McDo ou les médiathèques et même dans les hôtels et camping… Ces lieux se verraient obligés d’arrêter d’offrir un accès wifi sous peine de permettre un téléchargement illégal depuis leur connexion.
Bien sûr les sénateurs ne se sont pas arrêté là puisqu’un texte qui permettra la surveillance des emails et des messageries afin de détecter le contenu des pièces a été institué.
Heuresement, même quand il s'agit d'internet, nos sénateurs ne sont pas si mauvais qu'on pourrait le croire. Ils ont tout de même amélioré la loi sur un point (qui n’aurait même pas dû faire débat): la possibilité pour le suspecté de se faire assister d'un avocat...
(photo Flickr de niallkennedy)
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Revers douloureux pour le "parti Besancenot"
Il n'y a pas que pour le PS et le MoDem que les élections européennes ont été un coup dur. Avec 4,88 % des voix, le NPA ne réalise pas non plus le score espéré. Moins de 5 % et moins que le Front de gauche, c'est clairement un échec qui montre que le NPA a peu d'échos dans la population. Pourtant les médias ont tout fait pour populariser le leader du NPA, il a eu le droit à tous les plateaux, y compris à celui si demandé de Michel Drucker.
La crise économique a symbolisée une certaine faillite du modèle capitaliste dans sa forme ultra-libéral et les militants NPA s'attendaient donc a un grand soutien populaire aux listes "anti capitaliste" d'Olivier Besancenot. Le leader du NPA avait cependant expliqué le soir de l'élection, sur France 2, être content de ce score étant donné que le parti est nouveau... L'excuse du parti qui n'est pas encore totalement en place ne tient pourtant pas la route puisque la direction du NPA est la même que celle de la LCR donc seul le nom a changé, pas le programme, ni l'organisation, ni les résultats électoraux toujours aux alentours des 5%.
L'autre chose qui n'a pas changée c'est l'omniprésence d'Olivier Besancenot... On parle souvent d'omniprésidence de N. Sarkozy mais le leader du NPA n'est pas mal non plus dans le genre et est même bien meilleur que le président de la République. Olivier Besancenot est d'ailleurs si important dans ce parti que les adhérents commencent à le fuir. En effet les démissions de cadres se succèdent. Les 20 et 21 juin, la direction a annoncé avoir enregistré quatre démissions de membres du conseil politique national. Le départ le plus important étant celui d'un cadre CGT à Marseille qui a totalement quitté le NPA, Jean-Claude Labranche, membre de la direction de l'union départementale CGT. Il a expliqué que pour lui "Le score obtenu n'est pas digne du projet qui était celui du NPA : faire un grand parti de masse et de classe". L'autre raison de son départ et de celui des trois militants qui l'ont suivi c'est le sectarisme dont fait preuve la direction du NPA, pour Jean-Claude Labranche "L'alliance entre le mouvement social et le politique à laquelle avait appelé Olivier Besancenot a volé en éclats pour une affirmation identitaire et sectaire".D'autres départs ont été annoncés dans une lettre publiée par huit militants de Clermont-Ferrand,. Ils critiquent notamment le fonctionnement du nouveau parti où M. Besancenot a un "poids politique démesuré dans les débats internes". M. Labranche assure que "Le nombre d'adhérents est en baisse et les départs sont nombreux. L'impression générale des nouveaux militants est que Besancenot et sa direction verrouillent les débats".Au fond cela vient compléter l'observation faite par beaucoup de ceux qui ont suivi la campagne européennes: tous ceux qui ont fait campagne basée sur le "contre" ont subi une défaite cinglante.
Que se soit le MoDem et le PS contre Sarkozy ou le NPA contre le système dans son ensemble. Les électeurs ont bien compris qu'on ne bâtit rien en étant anti capitaliste ou anti quoi que se soit. Si on veut faire avancer les choses il faut proposer.
(photo Flickr François Lafite)
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L'école est finie pour Haedens

Philippe Juvin a annoncé aujourd'hui 19 juin, en séance publique du Conseil général, que la Mairie de La Garenne-Colombes avait demandé le retrait du nom contesté de Kleber Haedens.
J'avais découvert cette polémique sur le blog de Pierre Assouline le 14 mai dernier et rédigé un article à ce sujet. Cet article avait d'ailleurs fait l'objet d'un commentaire de Voltaire/ qui avait écrit "les idées politiques passent après le talent". Évoquant le problème majeur soulevé par cette polémique j'avais changé le nom de l'article pour mieux refléter cette problématique.
Aujourd'hui M.Juvin est revenu sur sa décision mais est-ce réellement car les opposants à ce nom sont parvenus à le faire craquer ? En effet même si les antis-Haedens ont triomphé il n'est pas certains que se soit par leurs arguments... Le maire de la Garenne-Colombes vient en effet tout juste d'être élu député européen et il n'est pas impossible que sa décision de retrait soit lié à ce nouveau mandat.
Cependant cela n'a pas empêché le Collectif " NON à Kleber Haedens" de se réjouir de ce retrait puisqu'on peut lire sur son blog:
"Nous avons réussi parce que nous avions raison, mais pas seulement. Nous avons réussi parce que nous nous battions pour des convictions profondes et sans parti pris partisan. Nous avons réussi aussi parce que nous n'avons pas cherché à imposer un autre nom."
Rappelons que la pétition contre le nom de Kleber Haedens avait obtenue 3000 signatures.
Le collège prendra finalement le nom officiel donné par l'Education nationale : Collège de La Garenne-Colombes N°2. Ce nom administratif sera porté par le collège en attendant que le nom de Collège des Champs-Philippe proposé par le Conseil général soit accepté. Ce nom étant tout simplement le nom du quartier où se situe le collège.
C'est donc la fin d'une polémique qui aurait pu nous offrir un débat intéressant sur l'importance du talent face aux idées mais qui ne le fera hélas pas. Dommage non ?
(image Flickr de pjuvin)
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Le MoDem face à ses électeurs
"Il y a une manipulation de la vie politique par les sondages", avait déclaré le président du MoDem sur France Inter après la publication d'un sondage selon lequel Europe-Écologie ravissait la troisième place à son parti. Et il avait ajouté que si le scrutin de dimanche montrait que cette affaire "était une vaste entreprise pour essayer de créer un courant, ou, en tout cas, des mouvements d'opinion qui n'existent pas en réalité (...) il dirai tout ce qu'il sait des sondages et des manipulations". "
Et bien non les sondages ne mentaient pas... Ou si ils le faisaient ce n'était pas dans le sens évoqué par le leader du MoDem. Ce soir, François Bayrou pourra retenir, entre autre, qu'on ne peut pas parfois surfer sur les sondages, parfois les dénoncer. Dans le cadre de sa posture de victime sur la scène politique depuis plusieurs mois, François Bayrou a perdu de sa crédibilité en prétendant que tout le monde lui en voulait et que même les sondeurs étaient contre lui.
Il a déclaré ce soir que "Le résultat d'aujourd'hui est une déception"; j'ajouterai même que c'est une bonne claque, qui mérite d'être considéré comme un véritable "vote sanction". Car en effet, si on parlait beaucoup, à gauche, de vote sanction, il se trouve que vote sanction il y a eu mais pas dans le sens attendu. L'UMP en tête, le PS à peine devant Europe-Écologie, et le MoDem distancé (8,5%).
D'autre part, M. Bayrou a ajouté s'être "laissé entraîner dans une polémique excessive qui a troublé", en allusion à son violent échanges avec Daniel Cohn-Bendit. Et en effet, je pense que le débat sur France 2 a eu un gros impact sur son électorat. Si Europe-Écologie est si haut, et le MoDem si bas, c'est sans doute car les français ont suivi ce débat et qu'ils y ont vu un François Bayrou vil, pathétique, manipulateur, et capable de toutes les bassesses. Son attaque sur un livre datant de 1975 et ses allusions sur une hypothétique connivence entre Cohn-Bendit et Nicolas Sarkozy lui ont certainement values les foudres de nombre des ces partisans de 2007. Ces attaques avaient pour but de repasser devant Europe-Écologie, visiblement ce ne fut pas la tactique appropriée.
Jean-François Kahn, tête de liste du MoDem dans l'Est, a d'ailleurs lui aussi estimé que son parti «payait l'erreur stratégique commise pendant le débat sur France 2».
François Bayrou a déclaré que "la vie, c'est comme ça; ce sont des succès et des revers. Des revers il faut tirer des leçons et je le ferai".
Il reste donc à voir si il en tirera les bonnes leçons ou si il continuera sur la même voie, celle de son positionement en victime de la scène politique.
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L'Europe vue par Newropeans

Newropeans est un nouveau mouvement proeuropéen (entendez par là partisans d'une Europe plus forte) lancé simultanément dans 12 pays d'Europe et qui présente des listes en France, Allemagne et Pays-Bas. Ce mouvement, qui se veut proche de la société civile, est né du programme Erasmus, qui a permis à des millions d'étudiants de fréquenter d'autres universités en Europe. La principale proposition du nouveau parti tient à l'organisation de référendum dans chaque pays, pour tout nouveau projet d'élargissement de l'Union européenne. Et justement c'est dans les deux pays du non massif de 2005 au projet de Constitution européenne, la France et les Pays-Bas, que les Newropeans semblent faire le plus d'adeptes.
Ni de gauche, ni de droite, les Newropeans ne se conçoivent aucun avenir à très long terme. Ils se promettent même l'auto-dissolution dans 15 à 20 ans, «quand la démocratisation de l'UE sera achevée».
Newropeans n'est pas le seul mouvement à être transeuropéen, il y a également le mouvement Libertas sous lequel le MPF de Philippe De Villiers se présente. Cependant ce dernier n'est non pas proeuropéen mais bien partisan du non au traité de Lisbonne et opposé à «l'Europe supranationale».
Le parti Libertas a lui été lancé par l'homme d'affaire irlandais Declan Ganley et a rallié d'autres professionnels de la politique que Philippe de Villiers tel que l'ex-libérale Eline van der Broek aux Pays-Bas.
Sur le tract de Newropeans on peut lire que "Newropeans est un parti véritablement européen qui commence là où les partis politiques nationaux s’arrêtent, en élaborant des solutions européennes à des problèmes européens". En effet la principale différence de ce mouvement avec les partis nationaux est qu'il a pour unique but de faire avancer l'Europe. Alors que les partis français n'ont pas l'air de prendre cette campagne européenne très au sérieux il apparaît clairement que cet argument peut jouer dans la balance en faveur de Newropeans.
Ce mouvement propose de nombreux changements pour l'Europe que vous pouvez découvrir sur son site (ici) et Guillaume Medard, membre du Comité Directeur de Newropeans, secrétaire général en charge du contenu du site www.newropeans.eu et responsable de la coordination des traductions a bien voulu répondre à quelques questions pour mon blog. M.Medard est également candidat en France sur la liste Sud-Ouest
axeland: Newropeans est un parti clairement proeuropéen et veut à se titre mettre en place un gouvernement européen en plus du parlement, quels seraient les avantages d'un tel gouvernement et ne poserait-il pas un problème majeur par la non représentation de certains États ?
Guillaume Medard: Si par proeuropéen vous entendez les bénis oui-oui des institutions européennes, vous faites clairement fausse route. Newropeans est un mouvement de citoyens très critiques envers l'absence de direction politique de l'UE, sa bureaucratisation extrême, et son inadmissible opacité.
Mais l'Europe est un fait, l'UE existe. Quand on hérite d'une maison on l'aménage pour que toute la famille puisse y vivre le mieux possible. Nous avons les murs (la paix), il nous faut maintenant aménager. C'est à dire qu'il nous faut démocratiser cette Union Européenne.
Ce qui veut dire, avant tout, qu'il faut séparer les pouvoirs législatifs et exécutifs. Aussi étrange que cela paraisse, ce n'est pas le cas actuellement!
- Le parlement européen doit être doté du droit d'initiative des lois.
- Nous proposons que le gouvernement européen soit élu par le parlement et responsable devant le parlement. (Nous avons élaboré une proposition détaillée dont les grandes lignes sont : le chef du gouvernement est élu par le parlement; il forme ensuite une équipe qui doit être validée par un congrès composé pour 50% de membres du Parlement européen et pour 50% de membres de parlements ou de gouvernements nationaux.) Un gouvernement européen élu par les représentants des citoyens européens serait un gouvernement légitime représentant tous les citoyens européens de tous les Etats.
16 propositions: ici
gouvernement: ici
axeland: La principale proposition de Newropeans tient à l'organisation de référendum dans chaque pays, pour tout nouveau projet d'élargissement de l'Union européenne. Ne craignez vous pas que par de tels référendum on ne se retrouve avec des résultats comme ceux du non massif de 2005 au projet de Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, pays dans lesquels Newropeans présente ces listes ?
Guillaume Medard: Nous ne craignons pas le vote des citoyens. En démocratie ce sont les citoyens qui doivent décider. Nous ne voulons pas d'une dictature. La Constitution a été rejetée; c'est un déni de démocratie flagrant de l'adopter quand même. Newropeans se bat pour que le vote des citoyens soit reconnu. Pour reprendre l'image de la maison : nous pensons qu'il est normal que les habitants de la maison et les nouveaux colocataires soient d'accord pour vivre sous le même toit, avant de signer le bail.
axeland: Newropeans ne se veut ni de gauche, ni de droite, mais sur le plan économique et social par exemple de quel parti français seriez vous les plus proche si il en est un ?
Guillaume Medard: Les partis français font de la politique nationale. Nous nous voulons démocratiser l'UE pour qu'un vrai débat européen qui concerne les sujets européens puisse émerger. Nous ne sommes, à ce titre, proches de personne.
axeland: Votre mouvement se promet l'auto-dissolution dans 15 à 20 ans, «quand la démocratisation de l'UE sera achevée». Pourquoi cet ultimatum et cette sensation de mission de démocratisation ?
Guillaume Medard: Ce n'est pas une sensation. Le système européen n'est pas démocratique, il faut le démocratiser. Quand cela sera fait, que les débats des campagnes pour les élections européennes porteront sur des sujets européens, alors Newropeans n'aura plus de raison d'être. Nous estimons qu'il faudra, hélas, 15 à 20 ans pour parvenir à cela.
axeland: Newropeans en tant que mouvement proeuropéen veut renforcer le rôle du ministère des affaires étrangères et développer une politique étrangère européenne claire et impartiale. Comment comptez vous vous y prendre pour mettre d'accord les différents pays européens sans atteindre la liberté de chaque État à décider de son sort ? (cf guerre en Irak)
Guillaume Medard: Si l'Europe veut avoir une voix aussi forte que les USA et la Chine nous n'avons pas la choix. Il faut parler d'une seule voix (si les chefs d'Etats n'étaient pas sur la même ligne concernant la guerre en Irak, les peuples européens en revanche étaient très majoritairement opposés à une intervention militaire.)
Je vous invite à lire notre proposition concernant la politique internationale de l'UE qui est basée sur 5 fondements:
* Devenir l'acteur mondial le plus influent tout en renonçant à être le plus puissant.
* Des valeurs communes aux Européens au service de la construction d'un monde meilleur.
* Une politique internationale de l'UE contrôlée démocratiquement.
* L’affirmation efficace des intérêts communs Européens.
* Une politique internationale de l'UE définie dans le respect des intérêts vitaux nationaux.
Cet extrait de notre programme répond avec précision à votre question de conciliation des intérêts européens et nationaux:
L’intérêt collectif de l’UE doit savoir intégrer et respecter les intérêts vitaux de chaque Etat-membre. C’est le coeur même de l’équilibre unité/diversité qui est l’essence du processus d’intégration européenne.
L'absence actuelle de vision commune de long terme a d'ailleurs renforcé chez de nombreux citoyens européens la crainte d'une dilution de leurs intérêts vitaux nationaux au sein d'une UE incapable de leur substituer des intérêts communs crédibles. Newropeans croit donc qu’il faut redonner confiance aux citoyens dans la capacité de l'UE à promouvoir les intérêts communs des Européens tout en préservant les intérêts vitaux de chaque Etat membre, avant de pouvoir mettre en oeuvre une politique internationale vraiment commune uniquement fondée sur des majorités qualifiées.
Le défi de l’UE en matière de politique internationale pour la décennie à venir (2009-2019) est donc d’identifier précisément les intérêts vitaux de chaque Etat membre et de leur donner un droit de veto pour des décisions de politique internationale. Au-delà de 2019, ou peut-être avant avec la confiance renouvelée des citoyens européens, Newropeans préconise le passage de la règle du veto à celle de la majorité qualifiée pour les grandes orientations de la politique internationale.
Les intérêts des Européens dans le monde convergent de façon croissante, ce qui limite de facto les thèmes de désaccords majeurs. Dès lors, afin d’éviter un blocage décisionnel qui serait néfaste à tous les Européens (notamment si un gouvernement décide pour des motifs électoralistes de jouer la carte nationaliste pure), chaque Etat-membre devra définir et déclarer d'ici 2019 au maximum deux intérêts vitaux. Ces intérêts vitaux devront être validés par un vote du Parlement national pour être reconnus comme tels par l'UE.
Hors intérêts vitaux nationaux identifiés préalablement, les décisions en matière de politique internationale commune seront prises selon une règle de double majorité simple (majorité du Parlement européen et majorité des Etats-Membres).
Politique internationale de Newropeans: ici
axeland: Enfin, je vous interpelle sur une proposition qui m'a troublée, celle de passer le droit de vote de 18 à 16 ans pour les élections européennes. Pourquoi ce désir de changement ?
Guillaume Medard: Ce point de programme, comme tous les autres proposés par Newropeans, a été voté par les membres de Newropeans. Chaque membre peut avoir ses raisons d'approuver cette proposition. Mes raisons sont les suivantes : les jeunes sont plus et mieux informés que les générations passées grâce notamment à Internet. Ils sont très souvent engagés dans des mouvements lycéens et ont le sentiment (réel) que la seule façon d'être entendu est de battre le pavé, puisque ils ne peuvent pas voter. Leur donner le droit de vote c'est leur donner le droit de choisir leur avenir. A cet âge ils en ont la capacité intellectuelle. De plus, à 18 ans on célèbre le fait de devenir adulte et pour beaucoup le permis de conduire. L'accès au droit de vote passe un peu inaperçu. Le droit de vote à 16 ans constituerait une entrée dans la citoyenneté qui responsabiliserait et pourrait être célébré à sa juste valeur.
Merci à M.Medard d'avoir accepter de répondre à mes questions.
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